Le diabète

Voici un petit résumé de la pathologie du diabète pour vous aider à mieux comprendre le phénomène.

En premier lieu, il faut savoir que le diabète affecte directement le taux de sucre dans le sang (glycémie) d’un individu. Il s’agit plus précisément d’une carence en insuline ou d’une mauvaise utilisation de celle-ci par l’organisme. L’insuline est une hormone produite par le pancréas qui permet au glucose (sucre) d’être utilisé dans les cellules. Lorsque la production d’insuline est défaillante, le glucose ne peut entrer dans les cellules, celui-ci reste dans le sang et ira dans les reins, pour être «rejeté» par la suite dans l’urine. Le diabète «correspond à un groupe de maladies métaboliques chroniques qui se caractérisent par l’augmentation du taux de glucose dans le sang ; celle-ci résulte d’anomalies dans la sécrétion ou dans l’action de l’insuline» (Brunner et Suddarth, 2006).

Il y a trois types de diabète répandu et un quatrième beaucoup plus rarissime. Le diabète de type un, celui de type deux, le diabète de grossesse et le «diabète MODY ou LADA», beaucoup plus rare et encore très peu connu.

Le diabète de type un se découvre tôt normalement; à la naissance, ou la puberté, car ce type de diabète est très souvent héréditaire. Dans le cas du diabète de type un c’est le pancréas qui ne produit pas d’insuline, le glucose ne peut donc pas être métabolisé (transformé et utilisé par les cellules ensuite). Donc, le sucre reste dans le sang, ce qui fait augmenter le taux de glycémie. Le diabète de type un requiert souvent l’utilisation d’insuline afin de le contrôler.

Le diabète de type deux se découvre quant à lui, plus tard, souvent vers le début de la quarantaine. C’est la production d’insuline qui est souvent défaillante. L’organisme n’en produit pas assez ce qui fait élever le taux de glucose dans le sang ou alors, l’insuline sécrétée fait mal «son travail» et ne métabolise pas le glucose. Le diabète de type deux requiert souvent l’utilisation «de pilules» ou de ce qu’on appelle dans mon jargon médical «des hypoglycémiants» afin de le contrôler ; de faire baisser la glycémie. Parfois, ce type de diabète requiert aussi de l’insuline. À noter que faire de l’activité physique, bien s’alimenter, bref, avoir un mode de vie sain, aide grandement à contrôler le diabète de type deux. Le diabète de type deux est une affection de plus en plus répandue au Québec. On remarque que le diabète touche de plus jeunes gens de nos jours.  De plus, l’obésité et les mauvaises habitudes alimentaires peuvent être des facteurs précipitant pour le diabète de type deux.

Le diabète de grossesse peut se développer chez les femmes enceintes ; c’est souvent une question d’hormones. Il se résorbe généralement après la grossesse. Notons qu’un suivi étroit en cours de grossesse et après celle-ci est nécessaire de même qu’au bébé qui naîtra. Le diabète de grossesse se traite avec des injections d’insuline puisque celle-ci ne traverse pas la barrière placentaire, donc n’est d’aucun danger pour votre bébé.

Le diabète LADA ou MODY sont deux «sous types» de diabète qui sont beaucoup plus rare. Il y a encore très peu d’information à leur sujet. Le diabète MODY (Maturity-Onset Diabetes of the Young) est un diabète héréditaire et serait dû à une mutation du gène sur certains chromosomes. Le «fonctionnement» de ce diabète est le même que celui du diabète qu’on connait. Ce qui arrive, c’est que la poussée d’insuline arrive «en retard» dans le cas du diabète de type MODY. La glycémie s’élève dans le sang et le pancréas prend trop de temps avant de sécréter l’insuline nécessaire à faire descendre le taux de glycémie à la normale, comme dans un fonctionnement adéquat. Le corps se trouve toujours en hyperglycémie (trop de sucre). Ce diabète est généralement découvert à l’enfance. Il se traite comme le diabète de type deux : hypoglycémiants oraux, insuline en sous-cutané et bien entendu, une bonne hygiène de vie est de mise !

Le diabète LADA (Latent Autoimmune Diabetes in Adults) est un diabète qui ressemble beaucoup au diabète de type un, avec les mêmes caractéristiques d’auto-immunité ; c’est-à-dire que les cellules qui s’occupent de la production d’insuline dans le pancréas se retrouvent détruites par le corps**. Ce qui le différencie du diabète de type un, c’est que contrairement à celui-ci qui est souvent diagnostiqué en bas âge, le diabète LADA est diagnostiqué chez les gens entre 30 et 50 ans. Pourquoi aussi tard ? Parce que le processus de «destruction» des cellules (auto-immunité, on se rappel !) est beaucoup plus lent. Il est traité généralement avec de l’insuline, mais pas nécessairement dès le début du traitement (il peut être confondu avec un diabète de type deux) puisque le processus de destruction des cellules est lent.

Les conséquences d’un diabète non traité peuvent être grandes. Bien entendu, des hypoglycémies (glycémie < 4mmol/L) et des hyperglycémies (glycémie > 7mmol/L) peuvent survenir. Il s’agit d’un taux anormalement bas et anormalement élevé de glucose dans le sang, ce qui peut être fatal s’il est non traité rapidement. De plus, un diabète non traité demande beaucoup d’énergie au corps, qui essaie de s’adapter à un taux de sucre et d’insuline totalement défaillant.

Un diabète non traité ou mal contrôlé peut amener à long terme, une dialyse rénale (filtration du sang par une machine ou le péritoine), des ulcères diabétiques et même des maladies coronariennes.

Voici des symptômes que vous devrez surveiller chez des gens diabétiques. Voici les symptômes les plus fréquents, ceux de l’hypoglycémie, c’est-à-dire d’un taux de sucre trop bas dans le sang. À surveiller : de la diaphorèse (transpiration), une fatigue extrême et même par moment, un faciès très pâle, des céphalées (maux de tête), des tremblements (surtout aux membres supérieurs, les mains et bras), une faim soudaine, une vision trouble, des troubles de l’humeur (NON, les SPM, ça ne compte pas) et même des étourdissements.

Lors de ces symptômes, les cellules du corps ont «faim», puisqu’il n’y a pas assez de glucose dans le sang. Ce que je veux dire, c’est que les symptômes mentionnés ci-haut démontrent que le corps est «faible» et à un besoin urgent de sucre pour continuer de fonctionner normalement.

Pour les gens ayant tendance à faire des hypoglycémies ou des gens tout simplement diabétiques, je vous conseille fortement d’avoir un petit quelque chose à manger dans votre sac en tout temps, idéalement quelque chose qui contient du sucre, pour que cela agisse rapidement afin de faire remonter votre taux de sucre dans le sang. Par la suite, vous pourrez prendre des protéines (yogourt, formage, noix) afin de soutenir votre taux de sucre jusqu’au prochain repas.

Voici les symptômes que vous devrez surveiller chez les diabétiques lors d’hyperglycémie, c’est-à-dire lors d’un taux de sucre trop élevé dans le sang. Vous pourrez observer : une xérostomie (bouche sèche), de la somnolence, une soif excessive, un besoin d’uriner fréquemment, une vision trouble et une fatigue et pâleur extrême.

Lors de ces symptômes, le sang du corps est rempli de sucre, il y en a trop. Alors, votre corps essaie tant bien que mal de diluer le sucre, en vous faisant boire et uriner beaucoup, par exemple. Si vous êtes diabétique et que vous présentez ces symptômes, prenez donc une glycémie, cela vous donnera une bonne idée de se qui se passe !

J’aimerais attirer votre attention sur un dernier point. Pour nos lecteurs et lectrices diabétiques : faites attention à la santé de vos pieds ! À long terme, le diabète a souvent comme conséquence de rendre votre corps beaucoup moins sensible à la douleur. Même si cela semble être une «bénédiction», ce ne l’est pas. En étant moins sensible ou réceptif à la douleur, vous pourrez vos créer des plaies et vous ne vous en rendrez pas compte avant que ladite plaie soit bien formée sur votre pied. De plus, les plaies de gens diabétiques sont plus longues et parfois plus complexes à soigner. Voici quelques petits conseils à appliquer sans retenue : il est important de porter des chaussures bien ajustées à votre pied, de bien assécher vos pieds après un contact avec de l’eau, de tailler vos ongles d’orteils et bien sûr, d’observer vos pieds régulièrement. D’ailleurs, si quelque chose vous chicote, n’attendez pas dix mille ans avant d’aller voir un professionnel de la santé ! Allez-y tout de suite. Parfois, retarder une simple interrogation peut amener bien des problèmes…

PS : Lors d’un épisode de soin à l’hôpital, il se peut fort probablement que votre glycémie soit chamboulée ; c’est tout à fait normal. Celle-ci réagit au stress (une montée d’adrénaline provoque inévitablement une montée de sucre dans le sang), votre glycémie réagira aussi à des traitements que l’on vous donnera à l’hôpital, alors ne vous en faites pas si celle-ci est plus haute. Et pour ceux qui ne prennent pas d’insuline à la maison, mais qui en prennent une fois à l’hôpital ; la plupart du temps, c’est transitoire, le temps que votre corps guérisse et s’adapte à tout ces changements et ce stress. N’hésitez pas à demander au personnel qui vous soigne si vous avez des questions !

N’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé si vous avez un doute concernant votre  état de santé. Il est beaucoup plus évident pour votre corps de vivre avec une «maladie» et de la contrôler, que ne pas savoir et de laisser votre corps s’épuiser à créer un équilibre qui n’est pas existant.

**Auto-immunité : c’est lorsque le corps se défend contre ses propres cellules, car il n’arrive pas à les différencier. C’est pour cette raison que certaines maladies sont auto-immunes, non causées par des événements extérieurs, mais bien «causé» par le corps lui-même.


Références :

Aide aux jeunes diabétiques. Le diabète de type MODY, Récupéré de http://www.ajd-diabete.fr/le-diabete/les-autres-types-de-diabete/le-diabete-de-type-mody/

American Diabetes Association. (2005). Latent Autoimmune Diabetes in Adults, Récupéré de http://diabetes.diabetesjournals.org/content/54/suppl_2/S68.full

Diabète Québec (2005). DICE: le contrôle du diabète de type deux: étude Canadienne, octobre 2005. Récupéré de http://www.diabete.qc.ca/html/recherche/dice.html

Smeltzer S. & Bare. B (2006). Médecine et Chirurgie. (4e éd.). Saint-Lauent, QC

Notes de cours.

 

 

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